Gros œuvre. La mérule

Le gros œuvre. La mérule

On parle beaucoup moins de ce véritable fléau qu’il y a quelques années. Il faut dire que ces parasites avaient énormément progressé, surtout en ville, mais aussi à la campagne, dans les bâtiments abandonnés, volontairement ou non. D’où la lutte féroce qui semble avoir porté quelque fruit.

Mais, bien entendu, la mérule a toujours existé et existera toujours.

De quoi s’agit-il ?

Ce serait un gentil champignon s’il ne se confinait pas dans les maisons, se nourrissant de tout ce qui pourrit, principalement le bois. Elle se nourrit en effet de cellulose et elle est capable, pour ce faire, de traverser murs, dalles de sol, plafonds, et de détruire entièrement tous les matériaux qu’elle investit. Son action est dévastatrice, car très souvent sournoise.

Ses spores, poudre d’un aspect brunâtre, se déposent un peu partout, et en avant l’offensive…

Ses milieux privilégiés sont humides, sombres et peu aérés. C’est ce qui explique sa prolifération dans les lieux abandonnés qui, par nature, répondent à ces critères.

Lorsqu’elle est présente, il est bien difficile de s’en débarrasser. Il n’y a pas d’autre solution : mettre à la casse tout ce qui est contaminé. Il faut brûler les pièces en bois, casser et évacuer tous les autres matériaux et, si c’est possible, stériliser par le feu les maçonneries et autres éléments en dur. Ensuite traiter avec un produit adéquat.

Mais c’est un travail lourd et dangereux, délicat et pesant de responsabilités, car s’il est imparfait, l’ennemie peut revenir conquérir les lieux.

Faites donc appel à une firme spécialisée qui, d’abord, s’assurera qu’il s’agit bien de la mérule – il existe d’autres champignons, plus ou moins similaires, dont le traitement peut être quelque peu différent. Cette firme vous établira un devis précis et vous donnera, aussi, une garantie sur la finalité du travail.

Outre les dégradations dues à la mérule et ses acolytes, les bois de construction, charpentes, gîtages, plancher, portes, etc., peuvent subir beaucoup d’autres dégradations et agressions à cause de l’humidité, ou même en dehors de l’humidité : pourrissements, champignons, vers destructeurs du bois, etc.

De toute façon, faites toujours traiter préventivement tous les bois nouvellement mis en œuvre avec un produit prévenant tant la mérule que le pourrissement par l’humidité. Il faut soigner particulièrement les parties de ces pièces de bois qui s’encastrent dans les maçonneries, comme les abouts des gîtes et des pièces de charpente.

Le point de vue de l'avocat

À l’heure actuelle, la mérule est le plus souvent prévue comme risque dans les polices d’assurance habitation. Vérifiez donc votre police et, en cas d’achat, celle du vendeur.

Les causes de pourriture par humidification, outre les pénétrations directes, peuvent être également le contact avec d’autres éléments constructifs humides, dont les maçonneries elles-mêmes en contact pendant longtemps avec un air humide. Cela se produit notamment sur les appuis ou encastrements de ces pièces de bois. Dans ce cas, l’état de la partie visible de la poutre, juste avant son encastrement, permettra au professionnel de détecter ces défauts et désordres, pour autant que ces abouts ne soient pas cachés par le décor, faux plafond, planchettes ou autres dispositifs décoratifs.